7 septembre :
Après un bon churros con chocolate, nous quittons Salamanque par le pont romain.
Petit vent de face, hélas.
Les villages sont de plus en plus blancs.
Notre remorque fait sensation. Les Espagnols ne peuvent pas imaginer que ça existe. "Mira ! Remolque, remolque !", c'est l'exclamation qui nous accompagnera durant tout le voyage ("Regarde, une remorque"). Parfois la nouvelle traverse les villages plus vite que nous.
Nous croisons des pèlerins allemands qui montent à Saint-Jacques à pied. Voilà 17 jours qu'ils marchent depuis Séville.
Nous grimpons jusqu'à proximité de la Peña Gudina (alt. 1190 mètres). Les mouches nous attaquent. Arrivée à Calzada de los Mendigos, pays du jambon. Partout, l'odeur des porcheries. Vers 16h, nous recherchons l'ombre. Petite sieste perturbée uniquement par les cloches des vaches et les coups de canon destinés à éloigner les oiseaux trop gourmands.
Après la sieste, dégringolade de plus de 5 kilomètres. Le pied ! Puis ... le col de Béjar. Dur, dur... Il est près de 18 heures et le soleil tape toujours. Nouvelle descente vertigineuse mais, dans l'euphorie, nous ratons l'auberge de la Calzada de Béjar.
Pas question de faire demi-tour, ça grimpe trop. Un Espagnol bien intentionné nous conseille de poursuivre jusqu'à la prochaine auberge de Baños de Montemayor. On finit par y arriver après quelques kilomètres - toujours plus horribles - sur la N630, en travaux à cet endroit. On jure qu'on ne s'y laissera plus prendre! Heureusement, l'auberge (Centre d'interprétation de la Via de la Plata) et Vincente l'aubergiste sont très sympas. Le village de Baños nous rappelle les Alpes : maisons et balcons en bois, ruisseaux, vallée profonde...
Baños, c'est aussi la frontière entre la province de León et l'Estrémadure. Nous avons roulé 96 kilomètres, souvent difficiles. Nous sommes crevés.
8 septembre :
Fête de la Virgen de la Guadalupe. C'est un jour férié il y a donc peu de circulation.
Arrêt à l'embalse (lac) Gabriel y Galan puis nous traversons les plantations d'oliviers et de chênes-liège. Les abords de la route sont couverts de figuiers de barbarie.
On nous avait recommandé l'auberge de l'originale Doña Elena à Carcaboso. Nous aurions aimé loger là pour faire mieux connaissance avec la patronne mais il est trop tôt, il faut avancer.
Nous continuons jusqu'à Galisteo, petite ville coincée dans ses fortifications maures. Un pélerin nous accueille à l'augberge El Trillo. Belle balade sur les remparts.
La fanfare joue pour elle-même et pour son chef aveugle sur la place déserte (normal, c'est encore l'heure de la sieste !). On nous invite à danser.
En Estrémadure, il est partout fait référence aux aventuriers qui ont émigré et les villages ont leur jumeau à l'autre bout du monde. Guadalupe, par exemple, est d'abord un village d'ici avant d'être une île des Amériques.
Cerveza (bière) et repas au bar Los Emigrantes avec le pélerin qui nous avait accueillis. Un troisième pèlerin se joint à nous. Première nuit trop chaude. Nous regrettons de ne pas avoir pris des sacs à viande ... Nous avons parcouru environ 70 km.
9 septembre :
18 km avant de trouver un endroit où prendre le petit-déjeuner !
Des séchoirs à maïs et quelques oiseaux criards ne parviennent pas à rompre la monotonie du paysage. Pneu perforé par une vis en pleine descente vers un lac aussi gris que le ciel, à 30 km du premier village.
Brrr ...
Nous sortons péniblement de la vallée du Tage. Vent de face: il faut pédaler dans les descentes.
Seule satisfaction : nous "sauvons" une chèvre qui s'est empêtrée dans une clôture !
Des kilomètres de faux plat avec vent de face jusque Cáceres. L'horreur !
Mais l'auberge Las Veletas est sympa et Cáceres est magnifique. Elle sera capitale européenne de la culture en 2016 ... En attendant, nous flânons dans ses ruelles paisibles.
Ouf ! La récompense après 85 km bien déprimants.










